vendredi 6 novembre 2015

Tomber la chemise ...

Il y a quelques semaines, on apprenait que des salariés d'AIR France avaient arraché les chemises de leur président et de leur DRH. Tout le monde a été sommé de condamner, et toute personne à qui on a demandé son avis a fini par le faire, plus ou moins contraint qu'il l'était par la pression médiatique ou gouvernementale ou patronale ou encore (et c'est là le plus surprenant) syndicale.

Oui mais voilà ces condamnations consensuelles m'agacent plus qu'un peu. Je vais donc essayer de dire ce que je ressens face à ces faits. D'abord il y a eu le coté jouissif de voir un patron se faire un peu secouer par ses équipes qui refusaient de se faire foutre à la porte. Bref, quelques personnes un peu courageuses ont été prendre le patron et le RH par la chemise après avoir été humiliées, malmenées et mises en instances de mort sociales par deux énergumènes et plus, méprisants et totalement conscient qu'il mettaient les personnes en face d'eux dans une merde noire. Car oui le conseil d'entreprise a été filmé et quelques fois diffusés, mais bizarrement, médias, gouvernements et syndicats se sont rangés derrières les images chocs et le doigt sur la couture ont condamné comme un seul homme ceux qui défendaient leur vie au prix de deux pauvres chemises.

Alors je dis oui, il y a une violence inhumaine. Mais cette violence est celle des ces deux, temporairement sans chemises, sinistres personnages et de leur staff à l'égard des employés qui leur ont permis cette année encore d'engranger 480 millions d'euros et dont le sacrifice ne fait même pas sourciller. Cette violence est celle des médias qui condamnent les victimes réelles de ce conseil d'entreprise, les salariés virés comme des malpropres alors que les deux agresseurs réels sont érigés en victimes. Cette violence vient même des syndicats qui aux lieux de pointer le cynisme de la situation et d'apporter le soutiens dont ils ont besoin aux employés d'Air France, se joignent aux autres pour condamner l'action désespérée de salariés en perdition.

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, non ?

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